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Les Ouvertures
 

Les « Ouvertures » sont nées d’un caprice d’artiste. Ou plutôt d’un coup de gueule…
Je me trouvais dans une galerie de Toronto lorsque j’ai eu la très mauvaise idée de toucher un tableau dont la structure m’intriguait.
Si la verte réprimande dont j’ai fait les frais était justifiée, je n’en ai pas moins été blessé dans mon amour propre. En sortant, je me souviens avoir dit à Isabelle : « A ma prochaine expo, le public aura le droit de toucher les tableaux… Mieux ! Ils seront obligés de le faire… »
Le 7 novembre 1995, je dévoilais « Les trente premières Ouvertures » au public de Montréal.
Trente petits tableaux présentés de manière atypique lors d’une unique soirée. Trente œuvres originales offertes au public par des hôtesses gantées de blanc ; passées de main à main, sans aucune précaution ni protection.
Enthousiasmé par ce qu’il qualifiait de « première mondiale », le journaliste Alain Borgognon a tenu à parrainer cet événement qui s’est déroulé devant plus de 200 personnes.

 

 

Communiqué de 1995

Dix ans après son triomphe new-yorkais, l'artiste suisse effectue un retour en force. A Montréal, l'érotisme précieux de ses tableaux vient de recréer l'événement. Un retour sur le devant de la scène culturelle qui annonce d'autres expositions majeures.

Le vestiaire du prestigieux Westin-Mont-Royal affiche un bel étalage de fourrures, encore toutes mouillées par les premières neiges montréalaises. Paradoxalement, c'est le salon « été » qui sert de cadre au nouveau vernissage de Didier Mouron. Ambiance étonnante sous le cristal des lustres, où se côtoient artistes, banquiers, journalistes, étudiants et autres amateurs de Beaux-Arts. Il faut dire qu’aux murs, les tableaux brillent par leur absence.

Alors, provocation? Canular? Rien de tel en fait. Fidèle à son personnage, capable de transformer la moindre balade en forêt en découverte esthétique, le Vaudois a concocté pour le Tout-Montréal ce que les gazettes spécialisées ont coutume d'appeler une « performance ». Autrement dit, l’un de ces moments limités dans le temps qui alimente les conversations longtemps après leur conclusion officielle. Son idée? Faire circuler ses œuvres de mains à mains. D’une part pour désécuriser les spectateurs et les obliger ainsi à porter un regard neuf sur son travail, et d’autre part, afin de susciter l’espace de quelques heures des échanges impensables dans un contexte différent.

Objectif atteint si l’on en juge par l’enthousiasme des Montréalais à la sortie de ce « happening ». Même celles et ceux qui n’étaient pas a priori séduits par l’érotisme très fin des recherches de Mouron ont dû reconnaître la puissance de son trait et l’originalité des climats qu’il exprime. Car cet artiste suisse, qui a déjà exposé à travers tout le continent nord-américain, a la particularité de ne laisser personne insensible. Avec la seule magie de son crayon, il capture les lumières les plus fugitives. Saisit toute la subtilité des grains de peau. Et cadre, avec une pudeur qui ne fait que renforcer la sensualité de ses modèles, l’intimité des atmosphères les plus complexes.

L’approche de Didier Mouron pourrait se définir comme un savant mélange entre la luminosité d’un Goya, à la fin du XVIIIe siècle, le mystère surréaliste des compositions de Tanguy, et le réalisme très XXe siècle des plus beaux nus de la photo noir-blanc. Les mots pour le dire? Sans doute les hommages à la femme, au corps de la femme, du poète français André Breton.

Cette « patte » hors du commun lui valut du reste, voici dix années déjà, la confiance du milliardaire Donald Trump. Or il suffit de franchir le seuil marbré de la « Trump Tower », à New York, sur la mythique Cinquième Avenue, pour se rendre compte que Mr. Trump n’ouvre pas ses portes au premier créateur venu.

Didier Mouron, lui, a eu cette chance, et l’exposition de la « Trump Tower » constitue aujourd’hui encore sa plus belle carte de visite. Mais le dessinateur de Chardonne n’est pas homme à dormir sur ses lauriers. Ainsi, dans quelques mois, il repartira à l’assaut de « Big Apple ». Avec la tranquille certitude d’un artiste qui a trouvé, au cœur de la forêt québécoise, l’équilibre, l’inspiration et la maturité des valeurs confirmées du « box office ». ■

Jean-François Fournier
Romancier, critique d'art

 

« A la création d'une Ouverture, ce n’est pas la dimension de l’image perçue qui est réduite, mais son angle de vision. »

 

 

 

 

Les photographies qui illustrent cette page ont été prises lors d'une présentation des Ouvertures en 1996 à l'hôtel du Parc du Mont-Pèlerin (Suisse)

       

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